LE VOYAGEUR II
Il se fait tard sur la route des jours.
Non, ne craignez rien pour moi,
Je suis un voyageur ;
Ce sont les autres qui devraient me craindre.
Ce que je crains ?
Je crains la Vie.
La vie est un rêve
Où seul celui qui a les yeux
Ouverts
Se lève.
Où celui qui les a fermés
Au réveil, il crève
Et la Mort ?
Non, c’est la Vie qu’il faut craindre
Parce qu’elle nous échappe
Lorsque nous désirons l’étreindre.
Quant à la Mort,
Nous l’étreignons toujours,
Jusqu’à l’étreinte finale.
De plus, la Vie n’est que le commencement
De la Mort
Qui, elle-même, est un commencement
D’une vie.
La Mort est probablement
L’unique poitrine contre laquelle nous voudrions
Etre blottis
Eternellement.
La Mort est l’apaisement
Du fracas de la Vie.
Et la Solitude ?
La Solitude est le pain quotidien
De celui qui voyage
Dans la quête de la Vie.
La Solitude n’est pas l’effilochage de la foule,
C’est le sentiment qu’a l’hirondelle
En rasant les eaux-hématomes
De la mémoire.
Et la Mer ?
La Mère ou la Mer ?
Peu importe
Elles sont toutes deux celles qui nous bercent
De leur grandeur.
Lorsque j’évoque la Mer,
Je pense à ce qui est Vie,
Et donc, à cette génitrice qu’est une maman.
Une maman est la première des choses
A laquelle nous songeons
Quand la Mort frappe à la porte.
C’est une autre appellation
Du jardin édénique
Qui se trouve sur terre.
C’est une larme dans laquelle
Nous nous mirons pour laver
Nos cœurs échinés de tant de mal-amour.
Et l’Exil ?
C’est une pluie dans les dunes asséchées
Des sentiments.
L’Exil, c’est ce qui nous mène
Jusqu’aux choses que nous quittons.
Il nous renvoie
A la fureur des miroirs
Dans lesquels nous refusons
De nous voir.
Mon ami,
Le voyageur est un éternel exilé
Du Temps éthéré.
L’Exil est l’expression du rejet
De l’arc par la flèche.
Ce sont tous ces départs précipités
Alors que nous voulons rester.
Et l’Attente ?
Ah, l’Attente !
Mais elle n’est qu’un exil inconscient.
L’Attente
Construit toujours son temple
Sur les rivages de l’Amour
Dans la psalmodie des ressacs,
Des flux et reflux
Du temps et du contre-temps.
Aussi,
L’Attente nous apprend-elle
A ne plus attendre…
Et l’Amitié ?
L’Amitié doit être le préambule
De tout amour.
Le début et la fin de tout commencement.
Quand vous aimez, n’aimez que par amour ;
Qu’on vous le rende ou pas,
Vous êtes aimé deux fois.
Allez, partez. Il se fait tard.
Mon voyage recommencera
A la limite de vos talons
Car je ne suis qu’un voyageur
Recherchant mon épitaphe
Avant de me verser dans le tamisage
De la terre.
Le Destin décidera
Si mon voyage sera court ou long.
Je ne puis désormais décider
De ma prochaine station
Parce que ma station est intermédiaire
Entre le poussiéreux et le stellaire.
C’est un ordre que seuls les humbles atteignent
Dans le Royaume de Dieu.
Que cet utile ou inutile voyage
Me mène jusqu’à Toi, ô mon Dieu,
Pour me reposer enfin dans Ta Lumière.
29.09.09
Je ne suis qu’un voyageur
Qui retrousse les distances
Et qui essaie de raccommoder les âmes errantes.
Je me souviens des portes restées béantes
Jours et nuits
Dans la dissonance de mon enfance.
Je me souviens du pain partagé avec
Le voisin
Le voyageur
L’errant
Et même le distant.
Je me souviens des mains anonymes
Qui caressaient les petites têtes
Et des seins anonymes aussi
Offerts à l’onomatopée
Enfantine.
Je me souviens des belles plages
Qui ravissaient l’œil
Et enchantaient le cœur en mal de mer.
Oui, vous pouvez dire que je suis
Nostalgique
Voire même que je suis fou de croire à ce faste d’antan.
N’est-ce pas pour cela que je défie
Le voyage
Et le temps ?
Je cherche un lieu
Où confier ce qui me reste à vivre
Un lieu où les miroirs
Ne se brisent pas, où ils ne sont pas mangés
Par des yeux cupides et faucheurs.
Je ne suis qu’un voyageur…
0/10 sur 0 vote
Sélectionnez une note dans le menu déroulant.Aucun commentaire
Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com
- Signaler un contenu illicite
- Voir d'autres sites dans la catégorie Général
Videos Droles
- Clips musique
- Cours création de site web