Le Paganisme

LE PAGANISME

DEFINITION DU PAGANISME

 

    Le Paganisme est un terme qui désigne toutes les formes religieuses qui ne sont ni juives ni chrétiennes ni musulmanes. Parfois, on est fait référence aux religions primitives dites polythéistes. C’est le cas de l’Islam qui distingue le mécréant ou l’infidèle (kafir) du polythéiste ou l’idolâtre (mushrik). D’ailleurs il est difficile de faire une différence entre les deux termes : paganisme et polythéisme. L’on désigne par ‘païen’ tous ceux qui sont réfractaires à une religion nouvelle. Le mot provient du latin pagani, paganus, c’est-à-dire paysan, par opposition –comme le présente le Christianisme- à gentils(du latin gente). Car le Christianisme était d’abord une religion des villes, et que les gens des montagnes avaient gardé leur propre culte (traditionnel) en rejetant bien-sûr la nouvelle religion.

 

    En fait, le paganisme est un mode d’appréhension du divin par l’intermédiaire de phénomènes tangibles à l’entendement et la compréhension humains. En d’autres termes, la matérialisation de tous les phénomènes invisibles et même visibles. Aussi a-t-on recours à des représentations des dieux sous formes cosmique, végétale, animale et humaine. C’est pour cela que nous pouvons dire que le paganisme est une religion, voire la religion de l’irréel, de l’imagination contrairement aux religions dites purs ou monothéistes où l’action et le réalisme prime.

 

Le paganisme kabyle :

 

    Les Kabyles adorèrent des divinités étrangères comme c’est le cas dans beaucoup d’autres civilisations où des dieux étrangers sont importés. Ces divinités furent assimilées à la religion berbère (kabyle) et eurent un cachet autochtone. Parmi ces dieux, nous trouvons : Jupiter-Hammon, le dieu romain et de l’Oasis de Siwa en Égypte. Cette paire de dieux était le symbole de la fécondité, de la puissance et de la protection du bétail. Puis vient Saturne le dieu de l’abondance et de la fécondité. Il a les attributs du dieu Baal-Hammon, le dieu de Carthage.

Les trouvailles de poteries sur lesquelles des dessins, tel le disque solaire irradié, des béliers et des taureaux, attestent le culte du Soleil et des animaux rendu par les Berbères d’une manière générale.

    Le panthéon berbère était riche en statues élevées en l’honneur des dieux : Africa, déesse représentée avec une tête de lion et coiffée d’une peau d’éléphant. Ajoutons à cela l’existence des dieux de la montagne, tels Bacax et Ifru (étymologiquement, fr signifie ‘caché’) et les dieux des eaux : Lillu et Thililua (lilu signifie ‘eaux’).

 

    Cependant, il faut remarquer que cette croyance à d’autres divinités, locales ou étrangères, s’est estompée avec les âges jusqu’à ne laisser aucune trace. Seulement quoique nous trouvions parmi les Kabyles des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans, il existe parmi eux, quoi que d’une manière résiduelle, des animistes et des naturistes. En un mot des Païens !

Les Kabyles partagent avec d’autres peuples du monde, à quelques détails près, quelques identiques pratiques païennes ainsi que des superstitions. Nous verrons ici quelques exemples :

 

1. LA PLUIE :

    Les Anciens Berbères rendaient un culte aux phénomènes et éléments naturels, notamment l’eau sous toutes ses manifestations. L’on s’aspergeait et l’on prenait des bains purificateurs dans les fontaines ou les points d’eau.

La croyance en un dieu de l’eau ou de la pluie amenait les sujets à des pratiques magiques quand l’eau se raréfiait. Le rite de « la fiancée d’Anzar » en Kabylie ou « Telghundja » au Maroc, consiste en une danse d’une fille nue.

« Anzar » signifie pluie. Il est le symbole fertilisant et fécondant par excellence. Quand la pluie se fait rare, il était naturel pour les Berbères de la solliciter pour rafraîchir et féconder la terre. Pour cela, une « fiancée » est offerte à Anzar pour provoquer son désir sexuel et féconder la « fiancée », et donc, la terre.

Une effigie en bois habillée de tissus est substituée beaucoup plus tard à la jeune fille.

Deux cuillers font fonction des bras qui vont cueillir l’eau. « En certains lieux, dit G. Camps, comme à Tabelbala (Saoura), c’est un véritable vêtement qui est taillée et cousu, autour de l’assemblage de bois, de parures diverses, colliers et bracelets confortant l’idée qu’il s’agit bien d’une cérémonie nuptiale. Le nom le plus répandu donné à cette poupée est celui de aghendja sous différents formes (taghonja, tarenza…) par allusion à la cuiller symbole et réceptacle lié à l’alimentation et donc doublement efficace ;tout simplement la poupée est appelée Tislit n anzar :fiancée d’Anzar… »[1]

    Mais la légende dit que ce rite était pratiqué par les femmes (quoique le reste de la population assiste au rite) et que c’était une vrai fiancée que l’on présente à Anzar. On choisissait une jeune fille que l’on habillait de ses plus beaux atours, puis celle-ci se mettait entièrement nue en psalmodiant des chants à la gloire d’Anzar.

Cette pratique, dit la légende, est due au faite qu’un jour Anzar, l’aguellid de la pluie, tomba amoureux d’une jeune fille d’une rare beauté ; mais que celle-ci s’en détourna de lui.

Courroucé, Anzar assécha la rivière dans laquelle la jeune fille avait coutume de se baignait nue. Réalisant sa faute, la jeune fille implora Anzar pour faire rejaillir l’eau dans la rivière. Anzar s’exécuta et s’unit à elle.

 

2. LE GARDIEN DE LA MAISON :

 

3. SACRIFICES D’ANIMAUX la construction des maisons, achats de voitures, moisson…

 

4. L’INCUBATION :

Pour communiquer avec les morts, les Anciens Berbères faisaient leurs prières s’endormaient sur la tombe du mort. Ils attendaient alors le messages du défunt qui viennent sous forme de rêves. Cette pratique est dite « incubation ».

 

5. LA MONTAGNE :

Les histoires de Gourayah

C’est une montagne de 660 m d’altitude qui surplombe l’île aux pigeons et la baie du Saphir. Il s’agit de Gouraya -Amsiouen, à l’époque hamadite- communément appelée Yemma Gouraya. Elle ne cesse de cultiver le mystère quant à son origine puisque des dizaines de légendes ont été tressées autour d’elle.

La croyance populaire dit que Gouraya a deux sœurs, qui d’ailleurs lui font face de l’autre côté de la chaîne montagneuse, Yamna et Bridja.

Gouraya, probablement une soufie, a préféré s’installer à Béjaïa pour faire profiter sa population de son savoir théologique. C’est pour cela que les autochtones disent que le véritable nom de la sainte est al-qâriah ; c’est-à-dire l’enseignante.

Archéologiquement parlant, il ne s’agit que d’un fort surplombant la ville. Ce fort a été édifié par les Espagnols qui craignaient les incursions étrangères ; et ce mont –le plus haut- est un fort naturel. Les Espagnols ont probablement trouvé un mausolée sur les lieux et ont édifié sur lui leur promontoire.

 

L’histoire dit qu’un chef Byzantin ayant perdu sa fille, donna à ce lieu son nom : « aya ». En effet, en sanskrit, gour signifie mont, d’où Gour Aya (Mont de Aya). Certains avancent, l’hypothèse que tellement la montagne est la plus haute de la ville, on la nomma Gour Aliah, c’est-à-dire le mont élevé.

 

La légende frise la sottise quant on sait que les autochtones croient vraiment que si Gouraya était un homme donc un saint, elle fermera la boucle des 100 saints ; et ainsi elle aurait été la Mecque elle-même. C’est pour cela que Béjaïa est dite être la petite Mecque car elle contient 99 saints.(voir le recensement des saints)

« car la montagne magique est un héritage des religions premières qui voyaient dans ce point culminant une rencontre du ciel et de la terre et un lien de culte idéal. Le mot « autel » dérive d’ailleurs du latin altus signifiant ‘élevé’… » (UNE AUTRE HISTOIRE DES RELIGIONS, T1, L’héritage des religions premières. Odon Vallet, Découvertes Gallimard 1999p.102)

 

« …la montagne figure parmi les images exprimant le lien entre le Ciel et la Terre ; elle est donc censée se trouver au Centre du Monde. (…) Puisque la Montagne sacrée est une Axis Mundi qui relie la Terre au Ciel ; il en résulte que le territoire qui l’entoure, et qui constitue ‘notre monde’, est considéré comme le pays le plus haut. » (Mircéa Eliade, Le sacré et le profane, Gallimard, coll. Folio/essais, 1965 p.39) [C’est parce que les endroits (montagnes…) les plus hauts sont les plus proches du Ciel]. « En langage cosmique, cette conception religieuse se traduit par la projection du territoire privilégié qui est le nôtre au sommet de la Montagne cosmique ». (p.40)

 

 

ANIMISME 

« latin animus (d’où a été forgé, au XVIIIe siècle, le mot savant ‘animisme’ désigne l’air en tant que principe vital, souffle de vie. » (UNE AUTRE HISTOIRE DES RELIGIONS, T1, L’héritage des religions premières. Odon Vallet, Découvertes Gallimard 1999p.11)

Le concept d'animisme a été un des plus utilisés pour désigner les religions africaines et l'ethnologie moderne n'a cessé à la fois de l'employer et d'en faire le procès. Pour Tyler, qui y voyait la forme originelle de toute religion, une des expériences humaines fondamentales est celle d'un rêve qui donne à l'homme l'idée d'âme immatérielle. Celle-ci est ensuite projetée sur les objets matériels, les lieux, les personnes, les phénomènes naturels, les cosmos enfin pris globalement. Ainsi en vient-on à imaginer les génies, les esprits des éléments, les divinités et Dieu. Effectivement, les religions africaines admettent, en plus des esprits ancestraux, d'autres êtres créés, intermédiaires entre les hommes et Dieu, invisibles et doués de personnalité. "Le monde noir est un monde d'esprits", écrivait J.Richard-Molard.  Quand on parle de "génies on désigne par un terme assez inadéquat, faute de meilleur, des êtres souvent anthropomorphes (nains, géants) qui habitent la nature, ou des concrétisations de fonctions divines présidant aux mouvements cosmiques. Au-dessus d'eux se situent les divinités secondaires, vénérées pour elles-mêmes, déléguées par Dieu auprès des hommes, intercédant pour les hommes auprès de Dieu et rendant leurs sacrifices efficaces. Au même niveau de l'être humain, le terme d'âme est évidemment équivoque quand il s'agit de traduire les conceptions africaines qui distinguent toujours une pluralité de principes (puissance d'animation, conscience et faculté de représentation, caractère, pensée, ombre, double, etc.).

"Pour nous, écrit D.Zahan, l'essence de la spiritualité africaine consiste dans le sentiment qu'a l'être humain de se considérer à la fois comme image, modèle et partie intégrante du monde, dans la vie cyclique duquel il se sent profondément et nécessairement engagé". (Religion, spiritualité et pensée africaines, Paris-Payot, 1970).

L’animisme (vitalisme, paganisme) est un mode de pensée primitif qui consiste en la croyance que toute chose sur terre en dans l’univers a une âme. Etant donné que les choses ont une âme, elles ont donc un pouvoir. L’homme primitif, dans sa crainte quotidienne, a donné à chaque chose un pouvoir ; ce qui a fait leur futur vénération. On rendait alors un culte au soleil, à la pluie, aux rochers, aux arbres…

 

L’animisme apparaît dans notre langage quotidien, c’est-à-dire dans la phraséologie (et cela n’est pas typiquement kabyle) comme lorsqu’une horloge s’arrête, on dit qu’elle « dort ». Si elle fonctionne avec une pile, on dit alors qu’elle est « morte ». Ces notions de dormir et de mourir ne peuvent s’appliquer qu’à des êtres vivants !

Autres exemples :

  • une chaussure qui démange, elle « mord »
  • un sommeil « vient » ou « s’envole »
  • le vent « frappe » et « court »
  • le séisme « tremble »
  • le volcan « crache » et « vomit »
  • le soleil « se lève » et « se couche »

LA MAIN DE FATIMAH

Pour repousser le mauvais œil, les kabyles utilisent la khamsah « la main de fatimah »

 

 

LA TORTUE

Dans plusieurs familles, nous trouvons, en guise d’animal de compagnie, une tortue. Le choix de cet animal tient à une croyance ancestrale superstitieuse. En effet, il est dit qu’élever une tortue chez soi, nous donne longue vie puisque elle-même vit jusqu’à 300 ans. Les familles dont les bébés meurent tôt, gardent une tortue chez eux pour permettre au nouveau-né de vivre, de vivre longtemps. Dans quelques familles, on égorge carrément une tortue sur la tête ou le corps du nouveau-né.

Quant au mauvais œil, la carapace solide de la tortue renvoie tout danger. Les mamans qui n’ont pas de lait, donnent à téter à une tortue. Cela, croit-on, fait monter le lait.

LA RAQUETTE DE CACTUS- SEL- PNEU- BRANCHES D’ACCACIA/ EPINES- EAU DE MER

 

L’animisme chez les kabyles revient surtout dans les contes…

 

Entre Croyances et superstitions:

« La superstition est due à la « prévalence de la pensée magique et à une conception animiste de la nature. » (François Askevis-Leherpeux, la Superstition, PUF 1988, p. 17). On qualifie de superstitions certains rites hérités du paganisme. Elle est une rupture de la religion. Elle est la déviation de la logique.

 

ACACIA : arbre dont les épines ont composé la couronne du Christ et dont le bois servit pour l’arche d’alliance, symbolise la résurrection et l’immortalité. (Eloïse Mozzani, Le Livre des Superstitions (mythes, croyances et légendes), Robert Laffont, 1995, p. 9)

 

ALUN : protège contre le mauvais œil. Au Maghreb, on se sert également de l’alun pour identifier celui qui est doté de ce funeste regard : « Un fragment d’alun lancé au feu se désagrège et l’endroit où attérit le premier morceau crépitant hors du foyer désigne l’aire géographique conventionnelle où il faut rechercher le mauvais œil. » (D. Champaulmt, A.R. Verbrugge, La Main. Ses figurations au Maghreb et au Levant, Paris, CNRS, Catalogues du Musée de l’Homme, 1965, cité par Mozzani, p. 50)

 

BALAI : balayer devant les pieds, sur les pieds ou le passer par-dessus les pieds de quelqu’un, peut entraîner son malheur, voire son décès.

 

BARBE ROUSSE : caractéristique de Néron, despote et persécuteur des Chrétiens, et qui souffre de la même sinistre réputation que les cheveux de cette couleur, est signe d’une nature cruelle voire diabolique.

 

CACTUS : toutes les plantes de la famille de cactées repoussent le mal et l’infortune.

 

LA LIBANOMANCIE : divination par l’encens, décrite par Collin de Plancy d’après l’historien grec Dion Cassius (fin 1er.siècle début 2e.siècle de notre ère). On jette l’encens dans le feu, si l’encens s’allume sur le champs, nos prières seront exaucés.

LA THURIFUMIE : examination de la fumée de l’encens (formes…)

L’ALOMANCIE : divination par le sel.

 

ENJAMBER : dans toute l’Europe, passer la jambe par-dessus la tête d’un enfant qui est par terre nuit à sa croissance (p. 651) mauvais augure si c’est un adulte.

 

ETERNUEMENET : si on éternue lors de la préparation d’un repas, celui-ci se multipliera et on aura des invités.

 

FER A CHEVAL : existait déjà à Rome au 1er.siècle d’après Pline comme semelle ou sandale de fer. C’étaient les Grecs qui introduisirent le fer à cheval. Symbole d’équitation chez les Romains.
La superstar des porte-bonheur. Porte-chance ou post-chance? C'est parce qu'il trouvait un fer à cheval dans la boue d'un chemin creux qu'un paysan s'estimait verni: il pouvait l'échanger contre quelques pièces. Puis son imagination galopa. Les clous, le nombre de trous, la forme dictaient avec précision la bonne fortune à venir et les protections contre les fantômes et les lutins. Les mystiques, encore eux, y voient même le «C» de Christ.

Mais l'occultisme n'est pas, loin s'en faut, le dernier bastion de la superstition. Chacun mitonne ses propres rituels dans son petit chaudron mental. Comme Olivier, 28 ans, qui, chaque matin, livre une course effrénée contre le destin. Pour s'assurer une journée sans nuages, il doit triompher du défi lancé par les deux portes qui le séparent de son bureau: taper le code de la seconde avant que la première se soit refermée, sous peine de rester «prisonnier du sas». «Si je n'y parviens pas, je me dis qu'il va m'arriver quelque chose de négatif dans les heures qui suivent», avoue ce jeune cadre commercial brillant et propre sur lui.

 

HOQUET : pour faire cesser un hoquet d’un bébé, on lui met quelque chose de rouge.

 

ROGNURES D’ONGLES : il ne faut jamais les jeter.

 

PARAPLUIE : l’ouvrir dans une maison attire les malheurs. Europe XVIIe.siècle superstition qui provient de l’ombrelle, symbole solaire : « pour d’autres, cette croyance, née en Angleterre, se justifie par de tout autres considérations : ‘au XVIIIe.siècle, à Londres, lorsque commencèrent à se répandre les parapluies à armature métallique, leurs mécanismes d’ouverture très durs et peu pratiques en faisaient de véritables dangers publics à l’intérieur des maisons.’ (Panati Charles, L’origine merveilleuse des choses de tous les jours, Paris Editions First, 1989, cité p. 1341 Mozzani)

Grands dieux, n'ouvrez pas ce parapluie dans la maison, combien de fois faudra-t-il vous le dire! Eh oui, l'objet agit comme une sorte d' «aspirateur magique». Tout le malheur des environs est pour votre pomme. Difficile de trouver une explication satisfaisante à la «parapluie superstition». La meilleure est technique: les premiers parapluies à ouverture mécanique, au XVIIIe, étaient dangereux. Malédiction parfaitement illustrée au cinéma par un Pierre Richard en grande méforme (Le Coup du parapluie).

Même si elle vit en France depuis trente-cinq ans, Djamila, Algérienne d'une soixantaine d'années, n'a rien abandonné des croyances du bled: elle envoie ses enfants chez le marabout avant chaque examen, farcit leurs bagages de corans miniatures censés les protéger du démon Azraël, évite de prendre sa douche à l'heure où rôdent les djinns, et n'omet jamais de raconter ses cauchemars aux cailloux de peur qu'ils ne se réalisent. «La vie entière de ma mère est réglée par tout ça, soupire Leïla, 31 ans. Mais bizarrement, elle en tire autant de réconfort que de peur, parce qu'elle croit avoir les moyens de se défendre. J'en ai juste assez de retrouver des colifichets plein mes affaires.»

 

SEUIL : ne jamais barrer le seuil de la porte de la maison avec les mains et les pieds.

 

SIFFLER : dans la maison attire les malheurs

 

SEL : mettre du gros sel dans sa poche lorsqu’on transporte de la viande la nuit prévient les djinns maléfiques.

 

TALISMAN : du grec ‘telesm’ : objet consacré.

7 - Amulette
On a retrouvé des amulettes chez les Egyptiens qui en recouvraient les momies.

 

8 - Le sel
Symbole de fertilité, de vie, de purification, le sel, quand il se trouve emprisonné dans une salière, est accusé de tous les maux. On ne passe pas directement une salière à son voisin, sauf si on lui veut du mal. Cette habitude est née dans les grandes cours européennes, où il n'était pas rare que le sel soit accompagné d'arsenic. On donnait alors la salière directement à sa victime. La maudite chute de salière, elle, est plus ancienne. Judas, qui n'en ratait pas une, aurait renversé la première au cours de la Cène.

 

TOTÉMISME  En partant des données de l'ethnographie australienne, E.Durkheim avait fait du totémisme la forme la plus élémentaire de la vie religieuse. …………………..

Il est toujours l'objet privilégié des sacrifices. L'animal peut enfin être en relation de filiation avec l'homme, ce qui caractérise le totémisme proprement dit. Mais en aucun cas les religions africaines n'ont pour fondement principal ce genre de croyances, et le côté religieux du totémisme est peu développé.

 

« Le totem c’est le lien de parenté établie entre des hommes et des éléments non humains de leur environnement, lien qui, d’un même mouvement, proclame que l’homme appartient à la nature, est en quelque sorte un animal, par son corps mais qu’il en diffère par les règles qu’il s’impose. » (p. 28)

 

NATURISME  Les religions africaines contiennent une composante "naturiste" si l'on entend par là que l'homme vénère à travers des éléments de la nature (terre, soleil, ciel, lune, foudre, eau, feu, rochers, arbres) les puissances ou la puissance qui s'y révèlent. Sans être Dieu, ces éléments se présentent comme des symboles et des manifestations directes de la puissance divine. "Dieu est force, chaleur, lumière et vie, il est dans le ciel". C'est pourquoi le Mosi fait partiellement ou symboliquement de son Dieu une divinité solaire; mais il n'adore pas le soleil. Le Diola qui pratique la riziculture a besoin de la pluie qui est vie, fécondité et qui tombe du ciel; son Dieu a donc pour nom la pluie, mais le Diola n'adore pas la pluie... "Les conceptions du dieu Soleil ou Pluie, de la déesse Terre ne sont que des personnifications symboliques de l'être Suprême en tant que dispensateur des forces fécondité." (L.V.Thomas, A propos des religions négro-africaines traditionnelles. Réflexions critiques, Afrique-Documents, Dakar).

 

MANISME  Le culte des ancêtres joue dans les religions négro-africaines un rôle de premier plan. Les morts sont toujours intensément présents aux vivants, peuplant leurs rêves, se plaisant à fréquenter les lieux qui leur étaient familiers. Au plan proprement religieux, les ancêtres remplissent des fonctions nettement différentes d'une culture à l'autre selon la place qui leur est attribuée dans la hiérarchie des êtres spirituels:

 

POLYTHÉISME ET MONOTHÉISME  G.Parrinder a proposé la classification hiérarchique suivante: au niveau le plus bas nous aurions le domaine du fétichisme et de la magie avec la croyance aux charmes, amulettes et talismans; puis viendrait celui du mânisme avec le culte des ancêtres, des fondateurs de clans, des âmes humaines sublimées; au dessus se situerait l'animisme avec son culte de divinités non humaines, plus ou moins associées aux forces cosmiques; enfin, au sommet, viendrait l'élément théiste avec le culte adressé à un être suprême.

 

INTERMEDIAIRES

 Puisque Dieu est transcendantal, il fallait des médiateurs : Anges, démons/djinns, saints, pierre, arbre, et autres…

Souvent ces médiateurs sont adorés au lieu de servir comme liaison entre l’homme et Dieu.

Les astres orchestrent les rituels en fixant les dates. L’on prédit même l’avenir. Et comme les astres ne parlent pas, et qu’ils le font par signes, il fallait des intermédiaires ou des voyants.

NAISSANCE

« Pour achever de démontrer le réemploi des forces, les bébés reçoivent un prénom : chez les Bambara celui du défunt qui revient (…) Le prénom qualifie la personne en une formule condensée et symbolique ; il révèle l’être. Aussi prononcer le prénom c’est agir sur l’âme, la provoquer, l’inciter à l’action. » (p.24)

 

RITES DE PASSAGES LORS DE TOUTES LES TRANSFORMATIONS IMPORTANTES DE L’ETRE HUMAIN : « Partout la première initiation est capitale : elle fait sortir le néophyte de l’état bienheureux, naturel mais stérile de l’enfance et le rend apte à la vie sociale et à la procréation. L’instruction précède ou suit le rite dont la phase principale est très souvent une manipulation des organes sexuels du ou de la jeune : circoncision et excision ayant pour fonction d’éliminer la part féminine que tout homme porte en son prépuce ou la part masculine que représente le clitoris féminin. » (LES RELIGIONS AFRICAINES, Anne Stamm, coll. Que Sais-Je, PUF, 1995p. 40)

 

L’IMMOLATION DES ANIMAUX :

 

Quand les fondations d’une maison sont faites, le propriétaire doit immoler un mouton, un bouc ou même un coq. S’il ne le fait pas à ce moment précis, il pourra le faire à la fin de la construction de sa maison ou avant de l’occuper.

La croyance dit que si on ne le fait pas, on risque une invasion des djinns dans notre demeure.

Nous ne connaissons pas réellement l’origine de cette pratique ; mais elle a probablement son fondement dans les rites païens des Juifs comme il est dit dans I Rois 15 : 34) sacrifice humain. « Pour durer, une ‘construction’ doit être animée, recevoir à la fois une vie et une âme. Le transfert de l’âme n’est possible que par la voie d’un sacrifice sanglant. L’histoire des religions, l’ethnologie, le folklore connaissent d’innombrables formes de sacrifices de construction, de sacrifices sanglants ou symboliques au bénéfice d’une construction. »1

L’histoire nous apprend que le sang des enfants est le mieux prisé car il est le symbole de la pureté et de l’innocence. Aaussi si l’on voulait que notre construction soit pure,  sacrifiait un enfant. CETTE  pratique demeura jusqu’à la moitié du siècle dernier. En effet, on rapporte que le pont de Hall en Allemagne a été construit après qu’on eut aspergé ses fondations de sang d’un enfant. Cela c’est passé seulement en 1943.

G. Carloni et D. Nobili rapportent qu’en Bretagne, précisément dans la région de Rosporden, les habitants qui n’arrivaient pas à construire des ponts qui tenaient bon allèrent voir une sorcière qui leur dit : « Si les habitants de Rosporden veulent avoir un pont qui ne s’écroule pas, ils doivent murer un enfant de quatre ans, qui, dans une main, tiendra un cierge béni et, dans l’autre, un morceau de pain. »2

 

 

« selon D. Zahan, mais aussi Luc de Heusch et L.-V. Thomas, le sacrifice est la clef de voûte de la religion africaine » il constitue la prière par excellence, celle à laquelle on ne saurait renoncer sans compromettre gravement les rapports entre l’homme et l’invisible », la valeur du sacrifice résidant dans le sang versé –des animaux le plus souvent, des victimes humaines quelquefois. » (LES RELIGIONS AFRICAINES, Anne Stamm, coll. Que Sais-Je, PUF, 1995.cité p. 54)

« le sacrifice, dit Marcel Griaule, n’est pas destructeur, car il emploie une force rendue disponible par séparation de son support. Michel Cartry affirme que le sacrifice est « comme une naissance », pour avoir un gain il faut accepter une perte, comme la femme donne vie à l’enfant mais perd le placenta qu’on enterre. » (LES RELIGIONS AFRICAINES, Anne Stamm, coll. Que Sais-Je, PUF, 1995cité p.55)

 

« l’animal, par excellence, du sacrifice est le poulet. On le trouve chez les nomades, les éleveurs, les agriculteurs ; il est peu coûteux et son plumage varié permet de choisir celui qui convient à la prescription du devin ou du thérapeute. Mais surtout le coq annonçant le jour, est lié au temps qui est porteur du destin humain. Poule et coq sont susceptibles d’être substitués à n’importe quelle victime animale ; ce faisant on ne trompe pas les Dieux qui connaissent la difficile condition des hommes. Il convient que le sang de la victime « libère, dit L.-V. Thomas, la force vitale qu’il contient » et nourrisse « les puissances numineuses directement alertées par les paroles des prêtres ». le sang en effet revigore le Dieu, le génie ou l’ancêtre pour qui il est versé, il lui redonne force et pouvoir. » (LES RELIGIONS AFRICAINES, Anne Stamm, coll. Que Sais-Je, PUF, 1995p.55)

 

« le sacrifice, disait Henri Bergson (1859-1941), ‘c’est une offrande destinée à acheter la faveur du dieu ou à détourner sa colère’ : le sacrifice « propiatoire » paye un bienfait à venir, le sacrifice « expiatoire » rembourse une dette passée. »( UNE AUTRE HISTOIRE DES RELIGIONS, T1, L’héritage des religions premières. Odon Vallet, Découvertes Gallimard 1999p.48)

 

 



[1] Cité in M.A. HADDADOU, Guide de la Culture et de la Langue Berbères, ENAL et ENAP 1994, p. 65

1 Mircéa Eliade, Le Sacré et le Profane, Ed. Gallimard, P.51. Cité par Nacer Mouzaoui in le journal    «L’Expression » du dimanche 28 août 2001.

2 G. Carloni et D. Nobili, La Mauvaise Mère ; Ed. Payot, P. 143. Cité par Nacer Mouzaoui in le journal                     « L’Expression » du dimanche 28 août 2001.

 

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