POESIES II

LE CHANT DU FLAMANT BLEU

CHANT I

LE FLAMANT ET LA MOUETTE

Mon verbe s’est pendu
A l’aube d’août
A la vue d’un flamant aux pas aveuglés
Par l’insolation des jours perdus.

J’ai tendu mon œil criblé de larmes
Pour voir l’oiseau qui déploie ses ailes
Sur la disponibilité de mes attentes.
Déjà,
Je n’ai pour autre souvenir
Qu’une pluie et un arbre.

Nous rêvons debout l’un dans l’autre
Dans la blessure des yeux
Brouillés et expectatifs.
Et sous la pluie ablutionniste,
Nos mains effacent l’encre meurtrie
Sur la joue timide.
C’est ainsi que nos mains se donnent Paris
Comme mémoire
A l’ombre de nos villes communes
Complices d’un rendez-vous arrangé.
Nous parlons un pidgin floral
Pour profiter de l’éclosion du présent
Car le jour se fane aussi s’il n’est pas cueilli.
Nous rions puis pleurons de la virginité
De ce huitième soleil
Orbitant pendant cinq nuits et cinq jours.

Bercée par le murmure de l’espoir ;
La mouette
Se tient sur un pied
A l’image du flamant
A l’heure du départ.
La mer est loin,
Je l’entends se mouvoir.
Elle arrive consentante
Pour couler sur mes joues.

Paris, jeudi 22 août 2002    16 :25

 

CHANT II

Le flamant rose et la mouette se rencontrent
Sous les arcades de la Porte de Mars
Allaitant de mille promesses
Des jours douteux d’un plat pays
Aux odeurs de bégonias,
Et d’un autre pays aux mille cimes
Aux odeurs du fruit et de la fleur de l’opuntia.

L’Aisne ne coulera pas ce soir
Sous le duvet de la fluide sensation
Puisque les écluses du cœur
Renferment la peine des départs
Et les promesses de l’Amour.

Le flamant et la mouette
Prennent leur envol
Au-dessus de la voûte de la Porte de Mars
A la rencontre des scarabées et des gazelles
D’un certain désert
Et des premières feuilles attachantes
De l’automne.

Train : Reims-Paris, jeudi 29 août 2002. 09 : 37

 

CHANT III

Je nouerai ton sourire
Dans un coin de ma mémoire
Pour le humer pendant les jours crépusculaires.
Je romprai le jeûne avec sa lactescence
Et étancherai ma soif avec la cassure des larmes.
Je me jetterai dans la rime de ton regard
Entre le minaret de tes iris et l’alcôve de ton âme
Pour répudier la solitude
Et te dire :
                   C’est ici que je veux vivre,
                   Sur la dune pastel de ton cœur.

Paris, vendredi 30 août 2002. 15 :51

 

CHANT IV

J’ai honte de glisser un « je t’aime »
Dans la saignée de tes syllabes
Car dans l’égarement de mon visage,
Je vois que ton astre m’a devancé de mille lumières.
J’ai honte de te dire « je t’aime »
Devant la virginité de ton cœur et ton corps,
Devant le chant mielleux de ton oasis,
Devant ta main qui lénifie l’éclatement de mon soleil,
Devant l’optimisme de ton rire,
Devant ta vie qui endure les excès de mes jalousies cendrées.
J’ai honte de te le dire :
Je t’aime
Au-delà du délire des herbes scintillantes
Là où la chevelure
Kaléidoscopique du rêve
Entonne le tressage de nos corps
Noctambules.

Paris, vendredi 30 août 2002. 16 : 28

 

CHANT V

Quand j’écris,
C’est ton visage que je dessine
Avec mes lettres cunéiformes.
Et avec la détente vocale,
J’affine ta bouche
Pour l’éveil d’un sourire.

Paris, vendredi 30 août 2002. 16 :52


CHANT VI

C’est avec la clepsydre de mes yeux
Que je compte
Ces jours
Qui nous séparent.

Paris, vendredi 30 août 2002. 17 :00


CHANT VII

Comment je sais que je t’aime ?

En remuant ma mère,
C’est toi que je retrouve.

Paris, vendredi 30 août 2002. 17 : 12


CHANT VIII

Mon visage s’ouvre sur le miroir
Contre lequel bute la buée de ton sourire.
Une chaleur monte
Pour effacer ma moue
Et sourire en souvenir de ton visage.

Paris, samedi 31 septembre 2002   14 :42

 

CHANT IX

J’habille l’absence de promenades
Improvisées
Macérées dans des éclairs de rencontres.
Mes mains éclorent
Sur l’attente barbelée
Et saignent de mille doutes.
Le cavalier qui jaillit de derrière l’aloès
Est et n’est pas moi.
Car mon âme est partie
Au-devant du temps
Pour bercer le jardin meurtri.

Paris, samedi 31 septembre 2002   15 :43

 

CHANT X

Un mouchoir laissé sur un banc de gare.
Mouillé de la lavande en offrande,
Il épelle les initiales d’un certain visage.
Et un homme se souvient
D’une certaine gare,
D’une certaine heure,
D’une certaine attente,
Tremblotant et sans voix
Dans les bras d’un désert princier.

Il se souvient des vitraux
D’un front chaud et tatoué.
Les mains aussi étaient tatouées
D’une mer déchirante
Et d’étoiles éternelles.

Il se souvient des larmes que le mouchoir
Ne peut essuyer,
Que les bancs de bois ou de pierres
Ne peuvent absorber.

Il se souvient et refuse
Les ruptures des empreintes sur le sable torride
Car les départs sont toujours des errances ;
Les errances du cœur…

A l’ombre du Livre,
Les aiguilles se repoussent dans la hantise des secondes,
Et le temps s’en moque
Puisque c’est le Temps qui fait l’heure
Et non pas l’heure qui fait le Temps.

Samedi 31 août 2002   23 : 42

 

CHANT XI

Tu sais,
Parfois j’ai trahi ma muse
En cueillant des fleurs bleues et cruelles
Dans des jardins où s’alignent des silhouettes
Sans noms,
Sans visages,
Sans voix.

Je l’ai trahie
En brûlant l’encensoir de mon cœur
Au lieu du benjoin et de l’ambre
Pour exorciser quelqu’attente,
                        quelqu'absence.
                                                   Mon attente et son absence.

Je l’ai trahie
Dans les étreintes éteintes de mes yeux
Lorgnant les passants passionnés
De mes airs de prince du désert
Ou de chevalier d’antan.

Je l’ai trahie
Dans le baiser de la forêt humide
Entre la fissure d’un parfum de terre
Et la confusion de cendres trempées et trompées.

J’ai trahi ma muse
Avec des mensonges inédits
En lui parlant de géraniums
Dans l’allusion des tulipes,
Dans l’illusion de l’éveil de l’automne.
Ma pauvre muse acquiesçait
De ses sourires avides
Et de ses regards anecdotiques.

Tu sais ma muse,
C’est en te trompant
Que je me trempe de fiel…
Et pourtant, je sais qu’une seule rosée de toi,
Une seule suffit pour parfumer mes jours
Et encenser mon cœur égaré
De tant de distances et d’absences…

Dimanche 1 septembre 2002        00 : 03

 

CHANT XII
« Rêves et souvenirs »

Que ferais-je de toutes ces missives
Que je ne t’écris pas,
Que je ne t’envoie pas ?

Ciel sur ciel,
Terre sur terre,
Cendre sur cendre,
Terre battue
De jours mi-miel, mi-fiel
A l’ombre de lointaines îles grecques
Tant rêvées,
Et du souvenir de Bougie
Tant égaré.

Lundi 2 septembre 2002    15 : 52

 

CHANT XIII
« Sous la douche »

Nos rencontres sont éphémères :
Le temps de voir les bulles de savon
S’enlacer sur l’argenterie de tes cheveux
Et de veiller à l’eau
Qui coule sur ton visage orgasmé.
C’est à l’insu de la minute suivante
Que je retiens le nectar de ta peau
Parce que nos départs sont éternels…

Lundi 2 septembre 2002    16 : 07

 

CHANT XIV
« La mer »

Je me suis lavé de la pulpe
D’une mer
Une dernière fois,
Un dernier été.
Je savais que je n’allais plus voir
La mer.
Elle allait me manquer,
J’allais la tromper
Dans une eau d’e
                            r
                              r
                                a
                                   n
                                      c
                                        e,
d’ a   b   s   e   n   c   e,
de vanille
et
de chocolat.

Oui, la mer me manque,
Mais je l’oublie dans l’embaumement
De tes yeux bédouins
Qui langent mes songes,
Qui me promènent sous une lune
Blanche comme une houri.
Et les ululements de la nuit deviennent
Des chants inédits du flamant bleu.

Irons-nous à la mer
Quand le soleil lèvera son voile ?

Lundi 2 septembre 2002   16 : 31

 

CHANT XV

Je reste suspendus à une sonnerie
Et à des hallalis
Que m’apportera l’écume bleue
Des oiseaux du Pays des Clous.

J’entends une voix de soie tremblante
A la surface du miroir
Des braises suffocantes
Dans l’attente de l’ondée qui leur donnera vie
Pour que renaisse le jasmin
Sur le cou d’un cavalier solitaire.

Lundi 2 septembre 2002   16 : 46

 

CHANT XVI
« Je t’appelle »

J’ai hélé ton nom dans la prairie dévisagée,
Et ta porte et ta fenêtre étaient voilées.
Reine des près, saules pleureurs,
Oliviers et mousse émue
M’ont accompagné dans la clameur de ton nom.
Et dans la Cour Carrée, l’amer
Flûtiste jouait encore un air connu de nous deux.
Amour ! Tu as le visage des cigales
Rieuses se moquant de la chaleur
Et de la résurrection des sentiments
Solitaires d’un homme qui t’appelle et t’attend…

Lundi 2 septembre 2002   21 : 38


CHANT XVII

Les oiseaux doivent rire
Quand la mouette prétend couvrir
De son chant les étangs et les mers
Et glisser sur le sable fin
Comme un chameau fier de son rêve
Et du mirage que son ombre crée
Au-delà des dunes enturbannées
Et des khaymates étoilées.

Lundi 2 septembre 2002   22 : 00


CHANT XVIII
« Septembre »

Sous les spots d’un cerisier,
Deux perruches se nettoient mutuellement
En play-back des feuilles en transe.
Et un poète réfléchit à la conciliation
De deux langues dans la phytothérapie d’un livre
Sous le cerisier à l’allure légère
Où les feuilles se suicident
En cette fin de l’été.

Montfermeil, mardi 3 septembre 2002   14 : 33
 

CHANT XIX

Quels bourgeons donnera la rétrospective
De ton absence
Qui se nourrit des ressacs lèges des paupières
Et du silence des rires légers
Qui se meurent sur le tunnel vocal ?

On dit que l’absence est une mort.
Une mort attendue et apprivoisée
Et que plus elle mouille dans le cœur,
Plus elle cohabite avec l’attente.
Et c’est ainsi que les bourgeons s’ouvrent
Sur la coalition des larmes et du chagrin
Pour surprendre la nuit.

Il n’y a pas de nuit sans jour.

Paris, mercredi 4 septembre 2002    22 : 38

 

CHANT XX

Nastie d’un cœur
Arpentant l’espoir
Grivelé de jours
Ecumeux et pétillants
Loin de la crainte
Sourde des lendemains.

Je sais que demain est incertain
Et qu’il n’y a pas d’amour heureux !
Romprais-je le cœur qui espère
Ou le laisserais-je voguer
Mille nuits et mille jours
En sachant qu’il n’atteindra jamais le rivage ?

Mercredi 4 septembre 2002   22 : 52

 

CHANT XXI
« La chandelle et le Papillon »

Grisonnant devant la chandelle,
Un papillon, dans son sublime éclat, y loge
Ses ailes dans l’oubli du feu.

« Ne t’avais-je point prévenu ?
Dit la cire fondant en larmes,
Dans son souffle épileptique,
La flamme moissonne les regards étoilés.
Et dans l’avidité de l’éternité,
Elle se consume jusqu’aux os »

Bobigny-Montfermeil, jeudi 5 septembre 2002    09 : 48

 

CHANT XXII

« Là-bas, tu peux vraiment vivre ta vie »,
M’as-tu dit.
Je te réponds qu’ici roucoule l’attente
Qui fermente les incertitudes du provisoire.

Il est vrai que c’est ici que j’ai choisi
D’enterrer mes peurs,
Mais je sais que c’est ailleurs
Que je moissonnerai.

Si tes bras se referment sur mon icône,
Ma mère saura me recueillir
Au moment de la psalmodie du rivage dentelé
Qui clame mon corps.

Paris, vendredi 8 septembre 2002   15 : 22

 

CHANT XXIII

Les deux arcs-en-ciel
Arpentent les armées de nuages
Derrière la grande roue électrique.
Issues de l’évanouissement de la lumière
Soumise au gré de septembre,
Les couleurs de l’alliance
Affichent leur désir aquatique
Oubliant que plus tard, il faut partir.

Samedi 7 septembre 2002   19 : 55

 

CHANT XXIV

Les mouettes aussi pleurent
Lorsqu’elles déchirent le ciel
Azur et réversible du spleen.

Ici, il n’y a que mirage sulfureux
Loin de l’aube bleue et apaisante
Où un jour,
J’ai bercé mes jacinthes.

Jeudi 12 septembre 2002   13 : 29

 

CHANT XXV

Je m’en vais,
Une aile brisée, sillonnant le ciel parisien
De cheminée en cheminée
En quête de mes sosies
Autour de l’étang de la malchance.
Cigognes, vautours et autres volatiles
Se concertent
Sur les plumes d’une mouette
Empruntées au flamant.
Et moi, je joue au oui et non
Déplumant mon aile brisée :
« Vivre ou ne pas vivre ».

Montfermeil, samedi 14 septembre 2002   15 : 14

 

CHANT XXVI

Mon cumulo-nimbus est bas
Sur le front ridé de la patience.
Sous certains cieux,
La patience est une gitane
Qui narguent la sensibilité du tournesol
Qui, aimanté par le désir de vivre,
Suit le mouvement spermatozoïdal de la vie.

Les feuilles se chuchotent des secrets
Avant qu’elles ne tombent sur l’herbe indifférente,
Et au moment de brunir,
Elles se plient sur elles-mêmes
Pour faire durer le printemps estival
De leurs nervures.
L’envie de vivre,
Pousse les feuilles à singer la chrysalide
Pour donner naissance aux feuilles d’automne
Qui patinent au gré du vent
Ou que l’on crucifie sur nos lettres d’amour.

Montfermeil, dimanche 15 septembre 2002   19 : 18

 

CHANT XXVII

Dans mes rêves,
Les oiseaux sont aphones.
Ils miment des mots
Ourlés de peine.
Ils ne volent pas ;
Ils s’appuient sur une aile
Confondue
Et soulèvent une poussière
Blanche
Comme l’aveu d’un renoncement.
Je remplis leurs bouches
De grains de semoule roulés dans une eau
Insoumise
Comme le sable de mon Sahara,
Lointain et totémique.

J’inverse le rôle et l’ordre des proverbes.
L’asphalte devient un ciel
Grivelé et criblé d’étoiles
Eteintes,
Et les oiseaux se cachent toujours pour mourir…

Je confonds l’alphabet et la pensée.
Je nomme un visage
Et pense à un nom…

Je ferme les yeux
Et entends le crépitement du riz
Dans le mouvement de l’air frais.
Je ferme mes yeux encore plus fort
Pour percevoir ce langage
Jaune et millénaire
Et sens la caresse du soleil
Sur mon visage mortifère
De tant de nuits
En suspens,
En suspension
Dans le questionnement de la vie…

Je n’entends plus rien hormis cette langue
Du parchemin,

Et cette fontaine qui chemine vers je ne sais quel lieu,

Mais qui rumine
Et fulmine son eau.
Elle rit.
Elle se rit de Paris qui se tapisse au-dessous d’elle
Dans une étendue feuilletée
De bâtisses et de suie en auréole.

Je ferme les yeux
Et me demande pourquoi.
Le pourquoi du pourquoi !?
A supposer que l’oiseau du Nord m’apportera une réponse.

Paris, mardi 17/ mercredi 18 septembre 2002   21 : 09 / 10 : 00

 

CHANT XXVIII

La nuit s’étire flegmatiquement
Alors que le jour s’impatiente
Sous l’éclat d’un nouveau soleil.

Mon ami,
Un ciel nouveau s’ouvre pour toi
Sous les vagissements des châtaigniers
Qui acceptent la torréfaction
Pour des plaisirs cendrés.

Paris, mercredi 2 octobre 2002   13 : 10

 

CHANT XXIX

Je peux enfin dire
Que j’ai deux exils sûrs :
                                          Le cœur de ma mère,
                                          Les yeux de toi.

Palais Royal, lundi 7 octobre 2002   18 : 52

 

CHANT XXX

J’irai à Montmartre
Humer les huiles essentielles
Des muses multiformes
Et me mirer dans la gouache pastel
Des champs ensoleillés et verdoyants
Et des chants des voyelles
Qui ponctuent tes lèvres
Sous l’éloquence de tes yeux
Qui ne se referment
Pour ne point me heurter.
Car j’habite ta pupille en éclipse
Totale
Auréolée d’épis de blé
Striant une mer émeraude.

J’irai à Montmartre
Passer en revue le déjà-vu
Au rythme de la harpe sans visage
Et suivre la clique rouge
A la cadence de l’enfance.

J’irai rallumer le jour
Pour retarder la nuit.

Palais Royal, lundi 7 octobre 2002   19 : 00

 

CHANT XXXI

Je ris de l’enfance
Qui me cloue dans le rêve
Et qui m’interdit la forêt
Où s’affrontent le sel et le poivre.
Or je reste dans le rêve
Pour mûrir
Et ne point mourir.

Paris, jeudi 10 octobre 2002   18 : 20

 

CHANT XXXII

J’ai encore l’empreinte des baisers
De tes yeux
Sur le triomphe fortifié de ma peau.
Et doucement,
La nostalgie tournoie entre les doigts
De lieux pulvérisés
Par nos pas disséminés.

J’interroge le cœur
Aussi bien que les yeux,
La bouche,
Les mains,
Les pieds,
Et ils me rassurent d’une étoile
                                                         F     i     l     a     n     t     e…

Alors,
Je ris,
Je pleure
De cette évidence
D’être seul parmi mes sosies…

Paris, jeudi 10 octobre 2002   16 : 37

 

CHANT XXXIII

Pour l’ami dont la langue
Tombe en miettes
Sur le désert des mots,
J’offre des yeux qui savent
Parler debout
Aux paillons de nuit,
Aux oiseaux migrateurs,
Aux saules pleureurs,
Aux rails qui raillent
Les rais des rets de l’absence.

A l’ami sous le masque
De la patience,
J’offre le fard
D’une larme,
L’arme qui provoque la promesse du retour
A l’équinoxe du cœur.

Paris, jeudi 10 octobre 2002   23 : 34

 

CHANT XXXIV

Dans le berceau du volubilis
Bleu,
Des flammes orangées
Etayent mon existence et les lignes
De mes mains
Me mènent jusqu’à la césure
Du bonheur :
Si loin
Si près.

Mercredi 16 août 2002    17 : 16

 

CHANT XXXV

Souviens-toi d’Anvers
Comme la pourpre lumière qui se déverse
Dans l’horizon que renverse
Le cœur qui aime et qui pleure.

Anvers, 31 octobre 2002

 

CHANT XXXVI

Lécher le rivage de la mémoire
Là où les châteaux de sable
N’ont point d’existence.
Les brise-vagues et les mouettes
Etayent les ressacs d’yeux
Exilés.

Ostende, 2 novembre 2002

 

CHANT XXXVII

J’entends le tressaillement des feuilles
Ainsi que la craquelure des branches
Et je pense à tes mains tremblantes
Et au chocolat croquant qu tu m’offrais.

Ce temps-là semble lointain et proche.
Et tel ce ciel d’absence
Au bout de mes doigts
Cherchant dans l’éloquence de l’attente
Ta bouche vermeille aux mots doux.
Et tes yeux de prairie
Où voguent, en chœur, nos cœurs qui espèrent.

Paris, 11 novembre 2002   15 : 10

 

CHANT XXXVIII

L’humus de ton haleine
Encense les couloirs béants
Du cœur.
Je me penche, alors,
Sur la mystérieuse oasis de tes yeux
Entre la palmeraie oscillante de tes cils
Qui ventilent le désert
De l’amour où je me suis égaré.

Paris, 24 novembre 2002

 

CHANT XXXIX

entre la palmeraie                                  de tes cils qui v e n t i l e n t
le d      és         ert
de l’Amour où je me suis é                                  garé.


24 novembre 2002

 

CHANT XXXX

Il pleut sur la mer ridée
Où jadis bourgeonnaient
Des lotus éveillés.

Paris, 5 décembre 2002   22h

 

CHANT XXXXI

Mes amis m’empêchent de fermer
Les paupières
Tandis que le sommeil,
Cet ennemi bienfaiteur de l’homme
Pèse lourd sur mes cils barbelés.

Paris, vendredi 13 décembre 2002   10 : 49

 

CHANT XXXXII
MALMEDY

Malmédy !
Rien n’est dit
Sur ce mal maudit,
Sur ce mal qui me dit
Que Malmédy
Est l’âme au midi
De la vie.

Malmédy, 31 décembre 2002

Noter cette page

10/10 sur 1 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (1)

1. jo Le 20/07/2005 à 01:34

Envoyer un e-mail à jo
j'ai beaucoup aimé ce que tu as écrit. bravo
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 05/11/2007
TOUS DROITS RESERVES FARES BABOURI 2006-2009

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Général
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web